Les facteurs de la performance sportive

La performance sportive

 

Pourquoi un marathonien de haut niveau peut-il courir les 42,195km en deux heures et quelques minutes alors qu’un autre athlète de niveau plus médiocre courra la distance entre trois et quatre heures seulement ? Quels sont les facteurs de la performance ? Quels sont les facteurs favorisant la performance ?

A.               Les facteurs de performance

Définition :

Platonov (1988) : « La performance, c’est l’expression des possibilités maximales d’un individu dans une discipline à un moment donné ».

V.Billat (2003) : « Est considérée comme performance une action motrice, expriment les possibilités physiques et mental d’un sujet. On peut parler de performance, quel que soit le niveau de réalisation, dès l’instant où l’action optimise le rapport entre les capacités physiques d’une personne et une tache sportive à accomplir. »                       

La performance repose sur quatre  éléments importants : l’athlète, l’entraineur, l’environnement et la gestion.

1.                L’athlète

L’athlète est doté de capacités physiques, technico-tactique et sociopsychologiques.

Capacité physique :

Qualité biologique : capacité vital, pourcentage de masse grasse, âge osseux, consommation  maximal d’O2 et répartitions des fibres.

Qualité conditionnelle (énergétique) : fondé sur l’efficacité des mécanismes de fourniture d’énergie (quantité et débit).

Qualité coordinative (neuromusculaire) : aptitude à organiser et à moduler les habiletés motrices : adresse et souplesse.

Capacités technico-tactique :

En rapport avec la discipline sportive pratiquée. On comprend, la capacité d’un athlète à utiliser le plus efficacement possible des habilités motrices spécifiques dans le contexte d’une compétition.

Capacités sociopsychologiques :

Très longtemps ignorées par le « monde »de l’entrainement, notamment certaines disciplines (rugby, football…) elles prennent aujourd’hui une place de plus en plus importante dans la recherche de performance. Elles sont distinguées de trois sortes :

Capacités cognitives : elles concourent à l’appréhension et au traitement des informations, à l’analyse des situations. Elles se manifestent par un certain nombre de processus mentaux : l’intelligence, la mémoire, le langage…

Capacités affectives : c’est le domaine des émotions, des sentiments, des passions. Elles constituent d’inépuisables sources d’énergie et s’accompagnent de manifestations physiologiques et comportementales (résistance au stress, motivation, acceptation de la douleur…)

Capacités morales : dans la pratique sportive, elles incitent l’athlète à maitriser ses comportements aussi bien à l’entrainement qu’en compétition, à respecter les divers règlements.

2.                L’entraineur

Tout à la fois manager, coach, technicien, éducateur, l’entraineur dont la fonction cardinale reste et demeure l’entrainement, doit posséder un certain nombre de compétences nécessaires à l’exercice de ce métier. Tout comme l’athlète, l’entraineur a des capacités et des compétences :

Les capacités rationnelles :

Elles désignent les aptitudes de l’entraineur à la communication et au dialogue. Elles sont distribuées autour de qualités de compréhension (écouter, dialoguer, motiver, accompagner, travailler en équipe…). Avec ces qualités, le coach pour appréhender la personnalité de l’athlète et de gérer la dynamique du groupe, par exemple.

Les capacités opérationnelles :

Elles permettent à l’homme de terraine de prendre des décisions, d’agir, de s’adapter aux situations variées et imprévues du quotidien (concevoir, décider, organiser, diriger, contrôler, adapter…).

Les capacités techniques :

Elles concernent les savoirs spécifiques de la discipline et du contexte professionnel. Elles sont la traduction de « savoir-faire » de l’entraineur (observer, analyser, planifier, programmer, évaluer, rechercher…).

Sans oublier le « capital personnalité », qui est considéré comme l’empreinte identitaire de l’entraineur. Sa personnalité s’apparente à une organisation dynamique de différents aspects : psychique, psychologique et morphologique.

3.                L’environnement / le contexte

« Des contextes différents opposes des coachings différents. » Marcello Lippi (entraineur de l’équipe national italienne de football).

L’environnement est un ensemble d’états, de conditions, d’activités, de processus, autant de facteurs répartis en couche concentriques, enveloppant les activités du système « entrainement-compétition » et plus globalement, la vie des acteurs (athlète, dirigeant…).

Le contexte est le cadre permanent, particulier, singulier, continuellement changeant et évolutif, dans lequel se jouent les situations d’entrainement-compétition. Le contexte se traduit temporellement dans les interactions entre l’environnement et les actions d’entrainement.

Autant l’environnement est présenté par un état dont les facteurs dont les facteurs peuvent êtres objectivés, identifiables voire mesurables, autant le contexte est une notion de l’instant, aux conséquences difficilement prévisibles et propres à chaque situations. Les conditions contextuelle modulent et influencent les capacités technico-tactique et affectives de l’athlète et de l’entraineur.

Les facteurs d’environnement :

-Matériel : infrastructure, terrains…,

-Physique : conditions climatiques, altitudes…,

-Sportif : logique de formation / compétition, catégories et niveaux des athlètes…,

-Fédéral : calendrier de types de compétitions…,

-Psychosociologique : climat du club, ambiance du groupe d’entrainement

4.                La gestion

C’est l’organisation et la régulation de toutes les composantes de la performance. L’ensemble repose sur une analyse globale de l’entraineur dans une relation privilégiée avec l’athlète, l’équipe, le club. La performance se situe à la confluence de ces facteurs.

Il y a deux démarches de gestion possibles :

-La démarche analytique est une méthode « traditionnelle » car elle est linéaire. Elle applique les connaissances théoriques, na prend pas en compte ni le facteur d’environnement ni les résultats sportifs de l’athlète.

-La démarche systémique (ou globale) est une méthode qui prend en compte les résultats sportifs de l’athlète. Elle s’intéresse aux modifications apportées  par le facteur du contexte.