A.               Un pas vers l’addiction

La pratique excessive au sport est une forme d’addiction qui commence par des excès, la recherche de plaisir (activation des circuits de récompenses et hormones du plaisir : adrénaline, dopamine, endorphine). Aboutissant à un besoin constant de faire du sport. L’addiction au sport touche 4% des sportifs. Voyons, dans un premier temps l’addiction naturelle et dans un second, l’addiction artificielle.

1.                De la naturelle...

La bigorexie est une conduite addictive liée au sport.

Le sport entraîne une libération d'endorphines, source d'un bien-être physique. Ce bien-être physique est naturellement recherché. Ces endorphines, ayant une grande similitude biochimique avec des produits tels que la morphine, déclenchent le désir de rechercher sans cesse cette sensation agréable, jusqu'à une tendance compulsive.

En effet, toutes les personnes pratiquant un sport de manière intensive sont soumises à l'action de ces endorphines, sans pour autant en arriver à l'addiction. Il est d'ailleurs notable que si la bigorexie existe chez les sportifs de haut niveau, elle n'est absolument pas le fait de tous les sportifs professionnels. Et elle se retrouve aussi chez des sportifs amateurs. Les personnes qui pratiquent le sport de manière addictive, pourraient agir ainsi pour augmenter leur estime d'elles-mêmes. Elles prennent conscience de leurs capacités physiques, de leur endurance… D'autre part, les sportifs atteints peuvent aussi en arriver à cette addiction parce qu'ils comblent un vide affectif par la pratique sportive.

2.                …à l’artificielle

L’addiction artificielle est bien entendu le dopage. Nous allons indiquer quelques notions de dopage et montrerons les effets négatifs.

a)              Le dopage pour l’endurance

Le dopage est la pratique qui consiste à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux illicites afin d'augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales (hématocrites dans le sang, battements du cœur, confiance en soi, etc.). Les sports d’endurance sont beaucoup concernés par le dopage.

Dans tous les cas, la prise de la drogue nous procure un plaisir ou un soulagement immédiat qui nous incite à y recourir de nouveau.

Le salbutamol est très utilisé dans tous les sports : environ 70 % des sportifs des JO de Lillehammer, en 1994, avaient un certificat médical qui les autorisaient à prendre ce médicament afin de soigner leur asthme.

Il est possible de prélever du sang au cours du séjour en altitude ou d'une cure d'EPO. Ainsi le sang est stocké jusqu'au déroulement des épreuves sportives. À ce moment-là, il est transfusé au sportif pour qu'il bénéficie à nouveau de l'avantage d'un plus grand nombre de globules rouges dans le sang. Abordons d’autre méthodes et produits dopants dans notre prochaine partie.

b)              Les produits dopants

L'érythropoïétine (EPO) est une hormone naturelle stimulant la production de globules rouges, qui sont produits par la moelle osseuse. L'effet d'augmentation du nombre d'hématies se mesure par une élévation du taux d'hémoglobine et de l'hématocrite dans le sang. Une quantité élevée de transporteurs d'oxygène permet d'augmenter l'apport en O² aux tissus. L'inconvénient réside dans l'augmentation outrancière de l'hématocrite, pouvant provoquer des complications cardiovasculaires. Elle a été intensivement utilisée dans le cyclisme et probablement dans l'ensemble des sports d'endurance dans les années 90.

Les perfluorocarbures (PFC) sont des transporteurs d'oxygène qui n'augmentent pas l'hématocrite, mais ces produits sont très dangereux. Ils ont pourtant été utilisés par l'Équipe Festina.

L'hémoglobine animale modifiée commercialisée depuis 1998 n'augmente pas non plus l'hématocrite et présente l'avantage de fonctionner dès l'absorption sans augmenter la viscosité du sang.

Les amphétamines sont utilisées pour vaincre le stress de la compétition ou augmenter la concentration du sportif.

Pour se dépasser, il y a le stylo d'insuline.

Les produits pour oublier la douleur sont certainement les produits comme l'héroïne, la morphine et la méthadone.

Pour vaincre la sensation de fatigue, les euphorisants comme la cocaïne, caféine ou les amphétamines sont utilisés.

c)               Les effets négatifs du dopage

Le dopage est un fléau pour le sport : non seulement il fausse les résultats des compétitions mais de plus, il ruine la santé des sportifs. Le dopage se retrouve à tous les niveaux de pratique (y compris chez les sportifs amateurs). Le dopage présente de nombreux risques réels pour la santé et ces risques sont valables pour tous.

Aujourd'hui on peut affirmer que la prise de produits dopants peut avoir des conséquences d’une extrême gravité : accidents cardiaques et circulatoires, insuffisances rénales et hépatiques, cancers, impuissance, stérilité, troubles de la grossesse chez la femme enceinte, décès….

Cela ne diminue pas pour autant les risques d'œdèmes pulmonaires ou cérébraux et d'hémorragies graves.